Je pensais que mon père…
Cie Théâtre à cru / Mise en scène et conception vidéo : Alexis Armengol / Avec : Stéphane Gasc, Alexandre Le Nours, Pep Garrigues Martinez, Jean-Marc Talbot, Christophe Rodomisto.
“Le spectacle commence au milieu d’une phrase. La lumière s’allume brutalement. Pas d’introduction. Nous sommes attirés au coeur de cette histoire, comme attrapés par le bras dans une porte entrouverte. Entrée abrupte mais amicale. Nous assistons à un tournage de film dans un studio de cinéma. Se tourne une scène entre deux hommes autour d’une table. Les lumières, positionnées autour de la scène, ne nous permettent de voir que partiellement ce qui se passe, ce qui se vit. Le reste est à l’écran. Comme sur un tournage nous regardons de derrière les projecteurs et essayons de rentrer dans la scène pour pénétrer l’intimité.
Au début, nous ne savons pas qui ils sont l’un pour l’autre. Et puis l’on découvre petit à petit leur relation. Le père et le fils. Tout est là. Qu’est-ce qu’un père ? Un soutien ? Un ami ? Gepetto ou Dark Vador ? Quel corps a-t-il ? Comment touche-t-on son père ? Que lui dit-on ? Que peut-on entendre ?
On pense que ça va sans dire, mais à force de ne rien dire je pense que justement ça ne va plus. On se passe à côté, sans se parler. L’essentiel n’arrive pas à se dire. Un silence. Un silence étourdissant, et l’invention de la solitude.
J’ai 34 ans. Mon père est vivant. Mon grand-père est mort. Je suis père.”
Alexis Armengol
