Ça ira quand même

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Cie Théâtre de la Tentative
Mise en scène : Benoît Lambert
D’après des extraits de Vingt ans, et alors ! Contre quoi faut-il encore se rebeller ? (Don Duyns), Pour l’abolition de la société marchande, pour une société vivante (Raoul Vaneigem), Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche (Hervé Blutsch), Pourparlers, les Intercesseurs (Gilles Deleuze)

Un mur blanc, des frigidaires, deux micros qui pendent du plafond, six chaises et six comédiens. Dans un décor de vidéo, de sons et de lumières, des gens comme « tout le monde » n’ont plus le moral et cherchent un sens à la vie. A tour de rôle, ils dansent, s’agitent, sont drôles, chantent, crient, s’indignent ou font la fête, mais chacun exprime à sa façon sa confusion et son irrémédiable incompréhension du monde.
« Nous vivons un moment politique étrange, où l’indignation et la résignation face au monde font bon ménage, et semblent même se nourrir l’une de l’autre. C’est cette sorte de valse hésitation entre révolte et insignifiance que le spectacle tente d’approcher », explique le metteur en scène Benoît Lambert. Faut-il encore se rebeller ? Les personnages essaient malgré tout, parfois ils dérapent et s’en rendent compte, mais ce n’est pas grave, ils continuent de vivre, et ça ira quand même…

« Le spectacle est drôle, alerte, touchant. Ça danse, ça pleure, ça essaye encore de donner un peu d’amour malgré les échecs et l’angoisse ambiante. La formule du titre est empruntée à Walter Benjamin : ‘ ça va mal aller pour l’humanité, vraiment très mal. Comme jamais. Mais ça ira quand même… ’ Et ça leur va comme un gant. »
Libération

« Ils sont six sur scène qui se moquent d’eux-mêmes avec une légèreté grisante. Six interprètes dont on ne peut douter du talent profond. C’est enjoué et sérieux à la fois. Un moment bref et enlevé. Tonique. »
Le Figaro